« Et le Mimil’, ça va ? », « Et la Mélie, son mal de dos… », etc. etc., les grandes personnes avaient de ces conversations, si peu intéressantes. Les femmes racontèrent leurs courses ; les hommes leur matinée de travail. La tante Agathe demanda des nouvelles de ses connaissances. Depuis leur arrivée, notre maman et la Mimie avaient posé leurs sacs sur le trottoir. Si bien qu’en gesticulant un peu trop vivement, Igor buta dans un sac.
- Nom de Dieu, Igor ! Te tiens plus debout (rigola le père Galate tout en le retenant).
- Vous auriez rentrés vos sacs ! (grogna notre papa tout en se retenant de rire).
Notre maman et la Mimie pouffèrent comme des folles. Oh ! Ne crois pas que je me moque de notre maman, je ne fais que répéter ce qu’elle disait « Quand on est ensemble avec la Mimie, on pouffe comme des folles ». Et notre maman présenta ses trouvailles :
- R’garde, pâtes aux œufs frais, 80 F le paquet de 250 g. Moins cher que chez la Dédée. Huile d’arachide, 285 F. Un kilo de riz, 75 F. R’garde des petits pois en boîte. Moins cher qu’au marché. Et ceux-là, j’aurai pas besoin d’les écosser.
- Bon, t’vâs pas nous faire l’inventaire de tes sacs (coupa notre papa).
- Oda (réclama la tante) donnez voir mon cornet. Comme ils ont été sages, faut les récompenser ces piats-là.
- Vos knacks, tante Agathe ?
- Bâ, non ! Les knacks, c’est pour moi midi. Les piats, c’est des bonbons qu’is veulent.
- C’était pour vous taquiner tante Agathe (La tante fit la moue en voyant le sachet plastique qui emballait les bonbons, notre maman s’excusa) J’les ai achetés aux Coop…
- Nom de Dieu ! Demoiselle Agathe, faut vivre avec son temps (rigola le père Galate).
Comme la tante n’arrivait pas à ouvrir ce vinrats de sachet, la Mimie s’en chargea. Dès l’ouverture, la tante récupéra son bien et distribua les bonbons. Ah, la tante nous gâtait. Et le Fofo n’était pas le dernier à se régaler même si, parfois lorsque le bonbon était trop mou, il avait bien du mal à mâcher. Le genre caramel ou carambar, si tu vois.
- Et nous ? (réclama notre papa en riant).
- Vous êtes trop grands !
- Oh tante Agathe, moi j’en mange souvent…
La Mimie eut beau faire sa mijaurée, elle n’obtint pas gain de cause. La tante alla ranger notre sachet de bonbons.